"Le roman du Conquérant", Nedim GÜRSEL
Un écrivain, aujourd'hui, cherche à ressusciter Mehmed II, Mehmed Fatih, le Conquérant de Constantinople en 1453...

Le Seuil, 1996

un roman sur " Fatih Sultan Mehmet"



MOSAÏQUE OTTOMANE, LA CONQUETE

Mehmet II : 1444-1446 & 1451-1481- "Fatih Sultan Mehmet" : Mehmet le Conquérant

Beyazid II : 1481-1512
Selim I : 1512-1520

vers 1460, Pie II écrit à... Fatih Sultan Mehmet...


Sont-ce bien des propositions pontificales ? Pas sûr ! Mais En tout cas, elles sont révélatrices qu'à l'époque de "mauvais" esprits pouvaient avoir une lecture incroyablement... terre à terre et ironique, des très spirituels et très désintéressés discours et entreprises de l'église romaine.
Autre question passionnante : Fatih Sultan Mehmet les a-t-il lues ? On se voudrait petite souris pour voir ses réactions en ouvrant la lettre ! Mais avait-il besoin d'elle pour se considérer comme le seul héritier légitime de l'Empire Romain d'Orient, de l'Empire Byzantin, donc de l'Empire Universel ? Pas sûr ! Un peu plus tard Süleyman le Magnifique n'aura aucun état d'âme à se proclamer, face à Charles-Quint, seul véritable Empereur Universel !
Surprenant : dans les années 1460, au moment où le Turc finit son travail en s'emparant de la dernière poche de résistance byzantine de Trébizonde, Pie II prend - mais son authenticité fait débat chez les historiens ? - la plume pour proposer un deal mi-spirituel mi-géopolitique : fais-toi baptiser et tu reprends l'héritage de l'Empire d'Orient... Il a dû être content Fréderic III, à l'idée de devoir partager le titre d'Empereur - sous-entendu jusqu'ici comme Empereur d'Occident et d'Orient - titre très revendiqué par tous les princes de l'époque, y compris le roi de France !
Bon ! mais justement le Pape n'avait-il pas été un peu échaudé par le peu d'enthousiasme effectif manifesté par tous ces Princes pourtant très chrétiens, lors de son meeting convoqué à Mantoue en 1459 pour monter sa grande Croisade contre le Turc ; croisade qui n'était pas la première et ne serait pas la dernière !
extraits : Si tu veux étendre ton empire parmi les chrétiens, et rendre ton nom glorieux, tu n'as que faire ni d'or, ni d'argent, ni d'armées, ni de vaisseaux. Une petite chose te peut rendre le plus grand, le plus puissant et le plus célèbre de tous ceux qui vivent aujourd'hui. Tu demandes quelle elle est ? Elle n'est pas difficile à trouver, et il ne la faut point chercher bien loin ; elle se rencontre en toutes les parties du monde. C'est un peu d'eau pour te baptiser et te faire embrasser la religion des chrétiens, en croyant à l'Evangile. Si tu fais cela, il n'y aura prince en l'univers qui te surmonte en gloire ou qui t'égale en puissance. Nous t'appelerons empereur des Grecs et de l'Orient, et ce que maintenant tu occupes avec violence et injustice, tu le possèderas de droit et avec équité. Tous les chrétiens t'honoreront et te feront arbitre de leurs différens.../...
Si tu étais baptisé, et que tu entrasses avec nous en la maison du Seigneur, les peuples ne redouteraient pas ton empire, et nous ne les assisterions pas contre toi ; mais plutôt nous implorerions ton bras contre ceux qui usurpent quelquefois ce qui appartient à l'église romaine, et qui lèvent les cornes contre leur mère. Et comme nos prédécesseurs Etienne, Adrian et Léon, appelèrent à leur secours Pepin et Charlemagne, contre Astulphe et Didier, roi des Lombards, et après avoir été par eux délivrés de l'oppression des tyrans, transférèrent à leurs libérateurs l'empire des Grecs, nous aussi nous emploierions ton assitance, et ne te serions point ingrats du bienfait que nous aurions reçu."
! publié  dans la collection Rivages poche !
! 1453 : côté Byzance !
1453 et la chute de Byzance, côté assiégés !
vers mosaïque impériale : 1520 -1566
! vers mosaïque impériale :  1520 - 1566 !

des opéras impériaux sur " Fatih Sultan Mehmet"


"Maometto I", Gioacchino ROSSINI (1792-1868)
Ecrit en 1820, sur un livret de de Cesare della Valle, il a pour thème la prise de la colonie vénitienne d'Eubée dans la mer Egée avec sa capitale Negrepont, par Fatih Sultan Mehmet (II. Mehmet) en 1470.
En 1826, pour mieux coller aux humeurs de l'opinion publique - en ce début du XIXè, la guerre des grecs contre le joug ottoman enflamme l'Europe ! - Rossini le reformate, le fait passer de 2 à 3 actes pour le transformer en "Siège de Corinthe" - c'est celui de Fatih Sultan Mehmet en 1457 - du nom d'un poème de Byron de 1816 qui chante, sur fond de guerre entre Venise et la Sublime Porte, le malheureux amour de Francesca la Vénitienne pour un chrétien renégat, qui s'est fait chef des Turcs...
Un des premiers opéras en France à prendre comme sujet central l'Histoire et le Peuple, il connut un succès durable.
 
! lelivret du Siège de Corinthe !

Zizim, fils du Conquérant et frère de Beyazid II...

! Zizim, fils et frère de Sultan !
! découvrez l'itinéraire surprenant et émouvant de Zizim, le Prince errant...

un roman d'aventures : en 1502...


"Dessislava", Liliane GUIGNABODET
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Viroglav, boyard slave, ensorcelé par son insaisissable maîtresse, la très...trop Belle Dessislava, suit la piste de son fils volé par des mercenaires ottomans : depuis le Danube, en passant par Andrinople, Istanbul, Trébizonde, Erzurum, Diyarbakir pour finir en Cappadoce... Une atmosphère mystique pour exprimer les tension de l'homme déchiré entre forces naturelles et pulsions intérieures ; une écriture parfois un peu déroutante ; mais ce roman nous fait parcourir une époque peu traitée par les romanciers !

Albin Michel, 1986

"Mehmed II, le Conquérant de Byzance"


Une biographie très prenante à lire, à la fois précise, historique et très vivante, qui nous montre à quel point celui qui fut la Terreur barbare de l'Europe très chrétienne, nonobstant sa volonté inassoifée de conquête, était aussi un politique d'une grande habilité - les désunions permanentes des Princes européens lui faciliteront parfois la tâche et un être cultivé, certes zélateur farouche de la puissance musulmane, mais curieux de toutes les cultures et peut-être de toutes les religions ! Tout le contraire du portrait caricatural mais politiquement correct que lui affubla l'Europe bien pensante du XVè, incapable de se remettre de la Chute de Constantinople, pour qui elle n'avait finalement pas levé, ou de quelques centimètres seulement, le petit doigt, bien loin du coup de poignard énergique qu'elle lui avait asséné, 250 ans auparavant en 1204 !

André Clot (1909-2002)
Perrin, 1990, 325 p.