Fils de Mehmed II Fatih, le Conquérant, Cem ne va pas réussir à s'affirmer face à son frère Beyazid II qui a ceint la couronne ottomane! Réfugié en 1482 auprès des Hospitaliers de Rhodes, il reprend son surnom d'enfance "Zizim" et va mener, autant otage que réfugié, une longue errance européenne, qui passe par Rhodes, Bourganeuf dans la Creuse près d'Aubusson, Rome. Les puissances européennes et la Papauté voient en lui une monnaie d'échanges dans les négociations tendues avec la Porte.
Elles l'abandonneront, le laissant mourir en 1495, probablement empoisonné à la demande de son frère, Beyazid II. par le pape Alexandre VI - normal, c'est un Borgia !
Un personnage émouvant, vrai héros de roman !

Zizim, fils du Conquérant et frère de Beyazit II...

! vers mosaïque impériale : 1444 - 1520 !
! merci à The Order of St John of Jersusalem !
Superbe miniature qui montre le grand maître de l'ordre des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem, Pierre d'Aubusson accueillant avec grands égards et générosité, l'infortuné prince qui vient demander hospitalité à Rhôdes. Guillaume Caoursin, le Vice-Chancelier, précise dans ses Mémoires que Zizim paraît plus surpris que flatté de nos moeurs. Notre manière de manger ne lui convient pas car il ne peut plier ses genoux à la mode de son pays. Il goûte les mets de l'extrémité de son index et apprécie tièdement les musiciens qui tentent de charmer ses oreilles puisqu'il faudra aller chercher un esclave turc en cuisine pour le dérider !
! merci à dentelles d'encre !"
 merci à ce splendide site www.insecula.com !
Selon une tradition, que reprend Georges Sand dans sa "Promenade dans le Berry", on a voulu que les tapisseries de la Dame à la Licorne soient "turques" en raison des nombreux croissants qu'on y trouve et même des traits orientaux de la belle Dâme qui serait une esclave adorée dont Zizim aurait été forcé de se séparer dans son exil ! Mais elle rappelle qu'on sait qu'elles furent fabriqués à Aubusson et que le croissant figure dans les armes de plusieurs familles aristocratiques locales. Alors elle nous invite à imaginer que soit le portrait d’une dame de Blanchefort, nièce de Pierre d’Aubusson, qui aurait inspiré à Zizim une passion assez vive sans réussir à la convertir.

En tout cas, elle a raison de noter que "placer ainsi sous les yeux d’un prince musulman privé de femmes, l’image de l’objet désiré, pour l’amener à la foi, serait d’une politique tout à fait conforme à l’esprit jésuistique"
! une page perso avec un diaporama sur Zizim !
une autre variation romanesque du destin tragique de Zizim

"La chemise talismanique"
Murat Aykaç Erginöz - traduction : Michèle Danışman
Editions Ministère (turc) Culture, 1991, 151 p.
un roman intimiste et poétique à l'atmosphère nostalgique et désabusée comme le fut probablement Zizim

"Zizim ou l'épopée tragique et dérisoire d'un prince ottoman"
Jean-Marie Chevrier
Albin Michel, 1993, 280 p.
un roman très réussi, qui, en adoptant un point de vue original - des déclarations post-mortem de tous les antagonistes, nous plonge de manière palpitante au coeur de ce fascinant destin de Zizim, Prince errant !

"Le Prince errant", 1966 - traduction Claude Guilhot
Vera Moutaftchieva (née en 1929)
Stock, 1988, 396 p.
un récit précis mais vivant ; avec par exemple l'évocation des "70 familles turques qui travaillent comme bûcheron dans les forêts de son idylle avec une belle dauphinoise", cinq siècles après sa captivité !

"Le prisonnier de Bourganeuf"
J ean-Marie Chevrier
Perrin, 2000, 228 p.
un roman historique qui décrit l'aventure du point de vue d'un espion ottoman qui doit suivre Zizm dans ses pérégrinations

"Djem : Mémoires d'un agent secret ottoman"
Roderick Conway Morris
Phebus, 1999, 408 p.
! merci à Bernard Bigey !
"Zizim Prisonnier dans la tour de Bourganeuf": un tableau de Bernard Bigey