! pour retourner à l'ambassade de Jean de La Forest !

1537... Bertrand de La Borderie...

On sait peu de choses sur lui. Orphelin - il nous le dit lui-même, il n'avait comme parent, justement que La Forest ! A partir de 1525, on le connaît comme page de l'écurie du roi.

En août 1537, il s'embarque avec Marillac depuis Marseille sur la flotte du baron de Saint-Blanquart avec des lettres du roi à remettre à son parent d'ambassadeur qui a accompagné Soliman en Albanie guerroyer en Italie. L'expédition ne devait donc durer que quelques semaines. Mais patatras.. arrivé en Albanie, ils apprennent que La Forest est mort et que Soliman, pas très heureux de voir l'Empereur, Venise et le Pape ligué contre lui - ce qui n'était pas du tout ce qu'il attendait de son alliance avec les français, a décidé d'emmener tout le monde à Constantinople dont La Borderie ne repartira qu'en juin 1538.

Il va tirer de cette expérience un poème : " Le Discours du voyage de Constantinoble, Envoyé dudict lieu à une Damoyselle Francoyse " qu'il adresse à sa fiancée en s'excusant d'avoir dû retarder leur mariage pour aller servir le roi ! Le Discours du Voyage de Constantinople constitue la première description en français de la ville au XVIe siècle. Pour certains la mission de la Borderie aurait été plus importante et aurait consister à " doubler " le service de messagerie de la diplomatie officielle ?

Sans en faire un espion, on peut supposer, compte tenu de ce qu'il coûta à la couronne (2,250 l.t.) que son rôle ne fut pas marginal. On ne connaît pas la date de sa mort : on perd sa trace après 1546.

1535... Charles de Marilac (vers 1510 - 1560)...

Il est en fait le cousin de La Forest et originaire d'Auvergne comme lui. Après des études de droit à Toulouse, il était entré comme avocat au Parlement de Paris en 1534. Partisan des idées réformées, la protection de son frère aîné, Gabriel, avocat lui aussi et l'un des plus influents de l'époque, ne put le garantir d'accusations d'hérésie (Brantôme I, 82; Vaissière, 10) qui mettaient sa vie en danger.

Cherchant un moyen de s'éloigner de la capitale sans cesser de servir le roi, il est heureux d'accompagner La Forest à Constantinople à titre de secrétaire. Marillac va d'ailleurs faire plusieurs fois l'aller-retour de Constantinople à Paris, entre autres en 1536 pour venir faire ratifier par le roi le traité - fruit des négociations de La Forest avec Ibrahim Pasha - par lequel la Turquie accordait aux Français de substantiels avantages commerciaux et le protectorat des nations chrétiennes en Orient (Ursu, 98). Son passage est signalé à Venise en juin 1537, alors qu'il est de nouveau en route pour Paris.

En août l537, Charles de Marillac qu'un de ses voyages avaient amené en France, s'embarque à Marseille avec La Borderie sur la flotte du baron de Saint-Blanquart pour retourner à Constantinople (Charrière, I, 320). Mais las d'attendre à Chio où le séjour se prolongeait depuis novembre, ils laissent Saint-Blancard et continuent leur voyage pour rejoindre Soliman en Albanie où ils apprennent le décès de La Forest ! Comme nous l'avons vu (au-dessus La Borderie), le Sultan ramène tout son monde à Constantinople en mars 1538.

Le pauvre Marillac se retrouve propulsé ambassadeur intérimaire auprès du Sultan. Certes, nous pouvons supposer qu'il est aidé par La Borderie qui dût tenir auprès de lui le même rôle de secrétaire qu'auprès de La Forest mais il est quand même plus ou moins séquestré ! et demande donc qu'on envoie de toute urgence le nouvel ambassadeur, Rincon ; lequel arrivera enfin vers le 10 avril 1538. Marillac profite de la flotte française pour rentrer en France au printemps 1538 avec La Borderie.